La Volontourisme – Publié sur TC Nouvelles/TC Média

Publié sur l’application de TC Nouvelles / Par TC Média – Le samedi 15 octobre 2016

– Par Ariane Arpin-Delorme

(Source de l’image : Sur Flickr – Droits d’utilisation acceptés)

Tourisme solidaire, humanitaire, équitable… tous des types de tourisme remplis de bonnes intentions certes, mais qui peuvent aussi laisser quelques « traces » sur la population locale par endroit si mal gérés.

En 2016, on parle plutôt de volontourisme ! Celui-ci se concentre sur la relation entre le touriste/visiteur et la population locale. Basé sur le concept de solidarité, où les voyageurs contribuent à améliorer les conditions de vie des communautés d’accueil.

Plusieurs effets positifs peuvent en découler, par exemple :

  • Répondre aux besoins des gens qui souhaitent vivre l’expérience de faire du bénévolat afin de voyager plus longtemps et de se sentir utile (familles, jeunes adultes, « baby-boomers ») ;
  • Améliorer la compréhension interculturelle ;
  • Augmenter la productivité des projets locaux si ces derniers sont bien gérés ;
  • Apporter une expérience humaine ainsi qu’un échange significatif (souvent davantage pour le voyageur !) ;
  • Proposer des alternatives économiquement viables pour la gestion des ressources et encourager les gouvernements locaux à investir davantage dans ce genre de projet.
  • À noter que les associations cherchent maintenant davantage des gens ayant une expertise en agriculture ou en gestion de micro-entreprise.

Ce type de tourisme existe depuis longtemps, mais depuis environ 5-7 ans, de nombreux changements se font ressentir. Dans certains pays comme le Cambodge par exemple, travailler comme bénévole dans les orphelinats et enseigner l’anglais est devenu tellement populaire, que l’on bâtît même de « faux » orphelinats occupés par des enfants qui ne sont pas nécessairement orphelins (sans enlever au fait que ces enfants soient quand même dans le besoin à plusieurs autres niveaux) afin de répondre à la demande de l’industrie touristique.

Quelques effets négatifs du volontourisme, si mal géré, peuvent être :

  • À court terme, le bénévolat fait de la pauvreté un spectacle et expose les communautés d’outre-mer, en particulier les enfants, à l’exploitation et l’abus. On utilise la « mauvaise situation » des autres au bénéfice du bénévole ;
  • Malheureusement, le risque de perte d’emploi pour les travailleurs locaux est présent, comme des bénévoles (qui déboursent un certain montant aux agences et associations) se proposent de faire le travail, qui autrement aurait reçu un salaire ;
  • Le volontourisme est en fin de compte davantage à propos de la réalisation des bénévoles eux-mêmes, et pas nécessairement ce qu’ils apportent aux communautés qu’ils visitent ;
  • Les jeunes bénévoles sont souvent non-qualifiés et resteront sur de courtes périodes, prenant du temps aux gens sur place à les former ;
  • Les enfants peuvent éprouver des dommages psychologiques lors de visites répétées à court terme par des bénévoles. Ces derniers revivent l’abandon sans arrêt ! 

Aujourd’hui, c’est encore plus facile de s’y perde comme la plupart des compagnies ont intérêt à orienter leurs efforts marketing en ce sens. Il faut donc poser les bonnes questions à votre agence de voyage et aux associations, à savoir comment est redistribuer l’argent, comment choisissent-ils les projets qu’ils encouragent, quel genre de matériel est apporté à destination, etc.. En fait, la clef est d’agir autant de façon responsable, en choisissant de travailler avec des projets qui impliquent le plus possible les communautés locales dès le début de la prise de décision afin de vraiment répondre à leurs besoins et que ça se poursuivent lorsque vous aurez quitté comme bénévole.

De belles destinations offrant davantage des possibilités de volontourisme et exemples de projets concrets :

Via les coopératives de femmes travaillant l’huile d’argan au Maroc ;

Les librairies nomades en Mongolie ;

Travailler en collaboration avec les sœurs ursulines au Pérou et en Bolivie ;

Plusieurs projets en Afrique de l’ouest : Ghana, Togo, Cameroun, pour ne nommer que ces pays ;

Travailler en collaboration avec les associations membres du Child Protection Code pour enrayer la prostitution infantile en Thaïlande ;

Travailler avec des associations comme Friend’s afin d’enseigner un métier en restauration ou en hôtellerie aux enfants de la rue au Laos et Cambodge.

Références pertinentes afin de trouver la bonne association avec qui travailler :

http://www.ngo-monitor.org/

http://www.projects-abroad.ca/

Comment s’y retrouver avec la mode du tourisme ‘’vert’’ – Publié sur TC Nouvelles/TC Média

Publié sur l’application de TC Nouvelles / Par TC Média – Le samedi 17 septembre 2016

– Par Ariane Arpin-Delorme

(Source de l’image : Sur Pixabay – Droits d’utilisation acceptés)

On entend parler de tourisme « vert » depuis un moment déjà !

Mais comment peut-on s’y retrouver et s’assurer que l’on pose les bonnes actions et que l’on encourage les bons prestataires de services, suivant nos valeurs ?

C’est facile de s’y perde comme la plupart des compagnies ont intérêt aujourd’hui à orienter leurs efforts marketing en ce sens, mais ne respectent pas nécessairement les critères et ne sont pas obligatoirement membres certifiés d’associations reconnues.

En fait, plusieurs facteurs ont mené à devoir prendre conscience que l’on ne peut plus voyager comme on le faisait, entre autres dû aux effets du tourisme de masse (ou surtourisme) qui, après avoir rendu complètement dépendants certains endroits et communautés, laisse maintenant la destination dans un piètre état au niveau de l’environnement et a même amené le changement ou la perte des traditions locales.

C’est un tourisme à court terme ! Et on ne peut pas blâmer les populations locales qui sont dans le besoin.

C’est quoi le Tourisme responsable et durable ?

Voyager de façon responsable et durable c’est être intéressé à en apprendre davantage sur l’impact que l’on peut avoir sur l’environnement et les communautés locales. C’est d’essayer de créer un effet positif (ou changements positifs s’il y a lieu par que l’on a tous une influence que l’on le veuille ou non). Enfin, c’est surtout de laisser le moins possible d’impacts négatifs ou de ‘’traces’’ suite à notre passage en faisant des choix judicieux au niveau du transport, de l’hébergement, des repas, etc..

L’Écotourisme, qu’est-ce que ça comporte exactement ?

L’écotourisme rassemble toutes les formes de tourisme axées sur la nature et dans lesquelles la principale motivation du voyageur est d’observer et d’apprécier la faune et la flore ;

Il doit comporter une part d’éducation et d’interprétation ;

Il est généralement organisé en petits groupes restreints, mais pas uniquement, car peut être à l’individuel ET doit encourager de petites entreprises locales spécialisées ;

Il favorise la protection des zones naturelles ;

Il s’accompagne de retombées négatives limitées sur la population locale.

À noter que le choix d’hébergement devrait aussi prioriser des éco lodge qui, dès leur construction, ont essayé autant que possible de préserver l’environnement et de limiter la destruction de celui-ci (par exemple certains maisons dans les arbres au Costa Rica) ET priorise les énergies renouvelables (panneaux solaires, etc..).

À ne pas confondre avec le tourisme d’aventure, soit la pratique d’activités et de sports plus ou moins extrêmes en plein-air, mais qui ne respecte pas nécessairement l’environnement.

Destinations vertes

Quelques idées de belles destinations offrant davantage des possibilités de tourisme vert et d’écotourisme : Costa Rica, Rwanda, Équateur, Sri Lanka, Madagascar, Martinique, Borneo, Sénégal, France, etc..

Certifications

Afin de faire sa part, l’idéal est déjà de choisir d’encourager des agences de voyage et prestataires de services qui sont membres de certifications reconnues. Voici quelques exemples de certifications facilement reconnaissable par leur label/logo et qui s’assure de contrôler l’industrie touristique et de mettre en valeur leurs membres responsables :

The Rain Forest Alliance : http://www.rainforest-alliance.org/fr

The Green Key : http://greenkeyglobal.com/

Earth Check : https://earthcheck.org/

Green globe : http://greenglobe.com/

European ecolabel : http://ec.europa.eu/environment/ecolabel/

La clef est d’agir autant de façon responsable, en reproduisant en voyage toutes les petites actions importantes à faire au quotidien chez soi pour protéger l’environnement et pour respecter sa communauté.

Et aussi de s’informer et de poser les questions à son agence de voyage et aux associations.

La visite des bidonvilles sous un angle touristique, pour ou contre ? – Publié sur TC Nouvelles/TC Média

Publié sur l’application de TC Nouvelles / Par TC Média – Le samedi 06 août 2016

– Par Ariane Arpin-Delorme

(Source de l’image : Wikipedia – Droits d’utilisation acceptés)

Aujourd’hui, considéré comme un « type de tourisme » à part entière, le phénomène controversé de la visite de bidonvilles prend de plus en plus de popularité et attire assurément les curieux avides de « réalité » !

Est-ce que l’on vous a déjà offert, une fois à destination, de vous balader parmi les quartiers disons beaucoup moins fortunés, souvent situés en banlieue du centre-ville ou bien le long des voies ferrées ? Qu’est-ce que vous en avez pensé et comment vous êtes-vous sentis ?

Plusieurs voyageurs se sentiront probablement mal à l’aise avec l’idée de « riches touristes » qui paient pour regarder la misère des autres, pouvant s’apparenter à un certain voyeurisme.

La visite des bidonvilles est offerte par plusieurs agences de voyages locales, et « vendue » comme une alternative au tourisme traditionnel et une façon apparemment plus réaliste d’entrer en contact avec la population.

En premier lieu, on définit les bidonvilles par des zones urbaines habitées en manque de logement durable, d’espace de vie suffisant, d’accessibilité à de l’eau potable, d’accès à un assainissement adéquat, sans sécurité et sous la pression d’être expulsé à tout moment. Le même scénario qu’un « taudis » ici.

On retrouve entre autres ce genre d’excursion au Brésil où l’on estime que 40 000 touristes visitent les « favelas » de Rio de Janeiro chaque année. Tandis qu’environ 300 000 touristes visitent les townships en Afrique du sud. On retrouve d’autres tours du même type également répandus en Inde, au Kenya, au Mexique, en Colombie, et dans de nombreux autres pays en développement.

Mais une question importante à se poser en tant que voyageur : Est-ce possible que ce genre de visites demeurent éthiques et qu’elles contribuent à atténuer la pauvreté ?

Les promoteurs de ce type de tourisme de la pauvreté font valoir que cette forme de tourisme :

  • Peut contribuer à un changement dans la représentation des bidonvilles et de sa population;
  • Peut devenir un moyen légitime de lutter contre la pauvreté;
  • Que les visites aident les touristes à mieux comprendre le monde et à ce que ces derniers deviennent plus compatissants.

Les opposants affirment (résidents et autres) :

  • Que ce genre de tourisme ne fait qu’exploiter les plus pauvres et n’ajoutent pas vraiment à la compréhension de ce que ces gens endurent;
  • Que la motivation première d’entreprendre ce genre d’expérience est principalement liée au voyeurisme de la pauvreté et que les droits fondamentaux des résidents locaux à la dignité et la vie privée sont souvent compromis.
  • Que les avantages réels atteignent juste un petit pourcentage de la communauté et qu’ils sont principalement dirigés vers ceux qui sont impliqués avec la vente des souvenirs ou des objets d’artisanat.

Il devient difficile pour les touristes de savoir quels circuits sont pris en charge par les communautés et d’en connaître les avantages réels.

L’association Tourism Concern croit que les meilleures personnes pour conseiller les touristes sont les résidents eux-mêmes.

Cette association a effectué quelques études dans l’une des plus grandes « favelas » de Rio de Janeiro, le Rocinha ayant une population officielle de plus de 69 000 habitants (mais le nombre réel est au moins 200 000).

On associe généralement et malheureusement les « favelas » à la circulation de la drogue et à la violence, mais aussi connues pour être des lieux de grande expression culturelle.

L’art devrait donc devenir un excellent produit à proposer aux touristes étrangers qui recherchent aussi une expérience authentique.

Aujourd’hui, au moins 7 agences de voyages opèrent maintenant des visites dans Rocinha (mais seulement 1 agence appartient à un résident de la « favela »).

Cependant les résidents croient encore que le tourisme a le potentiel d’avoir un effet positif sur un plus grand nombre de personnes :

  • Si les résidents locaux avaient le contrôle et pouvaient bénéficier du revenu des activités engendrées, cela pourrait apporter des avantages durables à certaines des communautés les plus pauvres;
  • Les agences de voyages devraient encourager financièrement des projets sociaux, des coopératives, des écoles, etc..
  • Ces dernières devraient employer des guides locaux qui habitent dans la « favela ».
  • Inciter à rencontrer les artisans dans leurs studios et les encourager;
  • En fait, la population de la « favela » ne veut pas recevoir « la charité », mais elle souhaite être en mesure d’en faire son gagne-pain (ou en partie) et de partager sa culture.

Depuis cette étude par Tourism concern, au moins 1 agence a mis en place un projet social financé par les revenus des visites touristiques.

Il y a de l’espoir !