Les hommes de la forêt de Borneo – Publié sur TC Nouvelles/TC Média

Publié sur l’application de TC Nouvelles / Par TC Média – Le samedi 20 février 2016

– Par Ariane Arpin-Delorme

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Depuis que je suis toute petite, je chéris ce rêve de faire la connaissance de ces « Hommes de la forêt », ces orangs-outans que l’on dit si sensibles et intelligents. C’est donc à partir de Sepilok, petite bourgade située au nord de l’île de Bornéo dans la région malaisienne de Sabah, que je m’enfonce au milieu d’une jungle mystérieuse pendant cinq jours. À bord d’une barque un peu précaire, je navigue sur la rivière Lokan, longeant d’immenses fougères côtoyant de petites huttes en bambou où habitent ces pêcheurs aux filets rafistolés.

Logée dans un lodge des plus authentiques, situé entre une réserve naturelle et un sanctuaire animalier, je reste blottie sous la moustiquaire, au milieu du bungalow à trois murs sur pilotis. C’est si extraordinaire de dormir dans la jungle et d’être attentive à toute cette vie nocturne. À l’aube, en ouvrant l’œil en même temps que cette faune bruyante, la lumière sur le fleuve est superbe sous un couvert de brume.

De nombreuses possibilités de safaris à pied, accompagnée de guides locaux d’expertise affiliés au lodge où je loge, me permette de découvrir une faune des plus exotiques. Cachée au coeur de la jungle et des plaines du Kinabatangan, je fais connaissance avec des singes macaques et gibbons, de grands hérons, des calaos au double bec, des martins-pêcheurs colorés, des lézards monitors et des crocodiles se faisant sécher sur les bancs de sable. Je croise les doigts en espérant apercevoir ces fameux « Hommes de la forêt ». Le mot ourang-outan vient des langues Malais et Bahasa indonesien : Orang se traduit par : homme et Outan par : forêt. Cette espèce de primate, se retrouvant autrefois partout en Asie du Sud-est, survivent maintenant qu’en petites populations se retrouvant seulement sur les îles de Borneo et de Sumatra, en Indonésie. Après quelques heures de balade, une dizaine d’orangs-outans viennent me rendre visite afin de déguster leur repas de bananes. Ils naviguent d’arbre en arbre avec une telle agilité ! Leurs bras, longs d’environ huit pieds, leur donnent une force surprenante.

J’ai aussi la chance d’admirer de grandes familles de singes proboscis, au corps des plus particuliers : nez retroussé lors de leurs premières années et très protubérant par la suite ; immense ventre dû à leurs quatre estomacs ce qui leur permettent de digérer des plantes vénéneuses.

Je ne peux résister d’adopter Chikita, une adorable orang-outan orpheline âgée de 2 ans, par le bais d’un programme de parrainage. La femelle orang-outan ne donne naissance qu’à un seul poupon, et ce, tous les trois à six ans, après une période de gestation d’environ 265 jours ! Elle prendra bien soin de son bébé jusqu’à l’âge de dix ans afin de lui enseigner la survie en forêt. Principalement végétariens, les orangs-outans mangent parfois des insectes. Durant leur période d’apprentissage, ils devront identifier environ deux cent espèces de plantes alimentaires : mangues, figuiers, durians odorants agrémentés de miel, etc..

Ces magnifiques « Hommes de la forêt » font malheureusement partie des espèces en voie de disparition, dû entre autres à la destruction de la forêt tropicale ainsi qu’aux épidémies de tuberculose touchant plusieurs villageois de Bornéo. Donc, si votre cœur vous dit de vous impliquer afin de supporter les efforts du Centre de réhabilitation de Sepilok et qui sait, peut-être même d’adpoter une petite Chikita, n’hésitez pas à contacter l’organisme Orangutan Appeal UK : http://www.orangutan-appeal.org.uk/. De nombreuses possibilités vous sont proposées telles : de devenir un partenaire d’affaires vous offrant une visibilité internationale, d’organiser un évènement pour amasser des fonds, de faire un don, de parrainer un orang-outang pendant deux ans, etc..

Si vous êtes déjà sur place, vivez l’expérience unique de loger dans la jungle chez Uncle Tan. Des contacts bien significatifs avec le personnel du lodge et des moments inoubliables en nature : http://www.uncletan.com.

 

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Merveilleux parcours des tortues de mer

Au départ de Sandakan, important port de pêche, nous rejoignons l’île de Sellingan, dans la mer de Sulu. L’île porte aussi le nom de celle aux tortues et fait partie d’un parc marin protégé composé de trois îles. En chemin, plusieurs minuscules villages de pêcheurs habitant de simples petites huttes sur pilotis colorées. L’île est vraiment paradisiaque… magnifiques plages désertes de sable blanc et mer turquoise… immenses palmiers dont les racines sortent de la terre… arbustres d’ibiscus rouges. Parfait pour la plongée à la découverte des poissons clowns (« Némo ») cachés dans les anémones.

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Le parc est en fait l’un des plus importants centres de protection et d’incubation des tortues au monde. Nous sommes que quelques-uns à pouvoir accéder à l’île par jour et à être témoin de ce super phénomène. Les tortues de mer atteignent leur maturité sexuelle seulement entre 20 et 50 ans. Mais malgré tout, elles reviendront pondre leurs oeufs sur la même île où elles sont nés. À des milliers de km, et malgré le fait que leur cerveau a la taille d’un petit pois, elles se souviendront où elles sont nées!

À la tombée de la nuit, nous assistons à la ponte de 54 oeufs d’une immense tortue d’au moins 1 1/2 mètre de diamètre. Celle-ci entre dans une sorte de transe pendant la ponte. En général, elles pondent environ 100 oeufs à chaque fois, qui peut se répéter 5-6 fois dans l’année

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Les oeufs sont tout de suite récoltés et transportés à la pouponnière extérieure où ils seront recouverts de terre et entourés d’un filet, afin de les protéger des prédateurs, pendant environ 2 mois. Surprenant d’apprendre que la température extérieure, pendant leur incubation, déterminera le sexe : climat plus chaud pour les femelles et climat plus froid pour les mâles!

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Ensuite, les minuscules bébés (5 cm de long) sont relâchés dans l’eau afin de poursuivre leur route (43 bébés cette nuit-là) et ce, toujours à la noirceur. J’ai presque pleuré en les voyant essayer de trouver leur chemin vers la mer! Plusieurs ne survivront pas à cette dure épreuve, laissés à eux-mêmes

Pour en savoir plus, consultez le site suivant : http://turtleislandborneo.com

 

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Découverte des petites îles de Mantanani, cette fois-ci logées dans la mer du sud de le Chine. Wow, j’ai rarement été en bateau sur une mer aussi agitée. C’est presque paniquant! Les îles sont superbes, entourées de forêts de mangroves qui poussent dans le sable. Sieste dans le hamac sous la pluie…et bouteille de blanc! Plongées incroyables afin d’apprécier les coraux colorés, suivant la forme de cerveau, encore intacts.

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Les « Hommes de la forêt » de Borneo

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Route vers Sepilok, au centre, afin de rejoindre le camp de base de «Uncle Tan» (Un grand merci à Stéphane et Élisabeth pour ce super contact!). Nous nous enfonçons ensuite au milieu de la jungle, 3h loin de la civilisation. Balade en bateau, entouré de paysages d’immenses arbres fournis et de petites huttes en bambou habitant ces pêcheurs au filet dans leur barque précaire. Le lodge est bien authentique fait de bungalows à trois murs (style «lean to») sur pilotis. Les nuits seront quand même courtes, en pensant aux rats qui adorent apparemment fouiller dans nos bagages… Mais c’est quand même extraordinaire de dormir dans la jungle et d’être attentif à tous ces bruits!

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Safaris en bateau afin de découvrir la faune : singes macaques et gibbons, grands hérons, calaos au double becs, martin-pêcheurs très coloré, lézards monitors, crocodiles se faisant sécher sur les bancs de sable,… Le matin très tôt, en se réveillant en même temps que la faune, la lumière sur le fleuve est superbe sous cette brume. En soirée, une toute autre faune nocturne fait son apparition! Safaris à pied vers les collines environnantes et en soirée où nous faisons la connaissance avec quelques scorpions, mini grenouilles perchées sur les tiges de bambous, champignons fluorescents, immenses chenilles et milles pattes,… Des contacts bien significatifs avec le personnel du lodge bien attachant via des parties de soccer et des cours de cuisine!

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Nous croisons les doigts pour apercevoir quelques ourang-outans, se balançant d’arbres en arbres… Mais au moins nous aurons la chance d’admirer de grandes familles de singes proboscis, au corps des plus particuliers : nez retroussé lors de leur premières années et très protubérant par la suite ; immense ventre dû à leur quatre estomacs qui leur permet aussi de digérer des plantes venimeuses ; érection permanente comme ils adorent manger justement ces dites plantes…

(Source de l’image : Wikimedia Commons – Droits d’utilisation acceptés)

Visite bien appréciée du centre de réhabilitation des ourang-outans, traduction de « L’Homme de la forêt ». Une dizaine d’ourang-outans viendront nous rendre visite sur la première plateforme dans la jungle, afin de déguster un repas de banane et de lait. Ils se déplacent en se balançant le long des lianes avec une telle agilité! Ils semblent si intelligents et sensibles. Ceux-ci se retrouvent seulement sur l’île de Borneo et celle de Sumatra, en Indonésie. J’étais consciente que nous faisions partie de la même famille, mais je fus tout de même surprise d’apprendre qu’ils ont la même ADN que nous à 96%.

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Je ne peux résister d’adopter Chikita, un bébé orang-outan orpheline (comme les bébés restent jusqu’à l’âge de 10 ans avec leur mère qui leur enseigne la survie en forêt) et tellement adorable âgée de 2 ans.

Si jamais vous avez envie d’en savoir davantage ou de vous impliquer, voici le site : http://www.orangutan-appeal.org.uk/

 

Ascension du Mont Kinabalu, le plus haut sommet d’Asie du sud-est

Il y a quelques semaines, nous avons appris que le premier voilier que nous devions rejoindre vers la fin du mois de janvier a malheureusement eu quelques problèmes mécaniques. Il a donc dû rester au Brunei pour réparation. Ce qui nous a amené a prendre le large au moins 3-4 semaines plus tard que prévu. Ce sont les aléas de la voile (ceux qui ont des bateaux comprendront!). Donc, afin de pas être trop déçus et «en attente», nous avons décider de partir à l’aventure sur l’île de Bornéo!

Aussitôt arrivé à Kota Kinabalu, la capitale de la région de Sabah, aussitôt nous avons envie de quitter cette nouvelle ville à l’architecture plutôt laide et sale. Mais nous découvrirons d’autres quartiers plus sympathiques vers la fin de notre aventure, ce qui nous réconciliera avec cette ville.

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Le but ultime de ce voyage étant d’accomplir l’ascension du mont Kinabalu, soit le plus haut sommet en Asie du sud-est! Je traîne une grippe musculaire qui ajoutera un défi supplémentaire à la montée. Seulement 6 km à parcourir la première journée, mais passant de 1866 à 3200 mètres (lodge). L’environnement est parsemé de chutes et d’une végétation luxuriante dont d’immenses forêts de bambous et de ces plantes « pichet » fishuas… changeant rapidement vers des plateaux rocheux et de petits arbustes. Le chemin se divise en escalier précaire en bois et de pierres empilées. Rapidement au dessus des nuages, je ne sens pas vraiment l’effet de l’altitude. Une brume et petite pluie nous accompagnera souvent lors de la montée. Arrivé au lodge, d’immenses pics rocheux, bien définis, se dessinent au loin. Nous en profitons pour manger et tout de suite aller au lit vers 18h!

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Réveil à 2h du matin pour manger un morceau et partir à la conquête du sommet, sous les lueurs du lever du soleil. Malheureusement, il pleut à grosses gouttes et ne pouvant partir comme les «rangers» ont fermés les portes par sécurité. Quelques heures plus tard, la pluie cesse quelque peu, nous repartons donc à la noirceur vers le sommet…sans notre guide qui restera au lit… Le chemin est des plus glissants et plusieurs grimpeurs semblent se décourager et abandonner. Sur au moins 400 mètres, nous devons littéralement escalader les parois rocheuses très apiques et glissantes, en s’aidant du cordage usé. Heureusement qu’il fait noir, car c’est tout un défi où il ne faut pas trop penser à ce que l’on est entrain de faire! Splendide lever du soleil rosé en chemin vers le sommet, au dessus des nuages, en apercevant le «Low’s peak» au loin, nous donnant un regain d’adrénaline. Quelle chance de profiter d’un 20 minutes de ciel bleu, sans pluie, afin de vraiment apprécier notre ascension du sommet (4095 mètres)! La vue d’en haut est à couper le souffle! Je dois avouer que la descente sera longue et quelque peu pénible surtout dû au fait qu’il pleut des cordes! La roche est glissante et nous sommes gelés. Je crois malheureusement que ces conditions difficiles feront en sorte que Mike ne reviendra pas d’aussitôt faire du trekking en ma compagnie pour au moins un autre 5 ans… Il me mentionne sans arrêt : «What’s wrong with the beach!» Je suis tout de même très heureuse d’avoir accompli cette ascension et atteint le sommet!

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