La visite des bidonvilles sous un angle touristique, pour ou contre ? – Publié sur TC Nouvelles/TC Média

Publié sur l’application de TC Nouvelles / Par TC Média – Le samedi 06 août 2016

– Par Ariane Arpin-Delorme

(Source de l’image : Wikipedia – Droits d’utilisation acceptés)

Aujourd’hui, considéré comme un « type de tourisme » à part entière, le phénomène controversé de la visite de bidonvilles prend de plus en plus de popularité et attire assurément les curieux avides de « réalité » !

Est-ce que l’on vous a déjà offert, une fois à destination, de vous balader parmi les quartiers disons beaucoup moins fortunés, souvent situés en banlieue du centre-ville ou bien le long des voies ferrées ? Qu’est-ce que vous en avez pensé et comment vous êtes-vous sentis ?

Plusieurs voyageurs se sentiront probablement mal à l’aise avec l’idée de « riches touristes » qui paient pour regarder la misère des autres, pouvant s’apparenter à un certain voyeurisme.

La visite des bidonvilles est offerte par plusieurs agences de voyages locales, et « vendue » comme une alternative au tourisme traditionnel et une façon apparemment plus réaliste d’entrer en contact avec la population.

En premier lieu, on définit les bidonvilles par des zones urbaines habitées en manque de logement durable, d’espace de vie suffisant, d’accessibilité à de l’eau potable, d’accès à un assainissement adéquat, sans sécurité et sous la pression d’être expulsé à tout moment. Le même scénario qu’un « taudis » ici.

On retrouve entre autres ce genre d’excursion au Brésil où l’on estime que 40 000 touristes visitent les « favelas » de Rio de Janeiro chaque année. Tandis qu’environ 300 000 touristes visitent les townships en Afrique du sud. On retrouve d’autres tours du même type également répandus en Inde, au Kenya, au Mexique, en Colombie, et dans de nombreux autres pays en développement.

Mais une question importante à se poser en tant que voyageur : Est-ce possible que ce genre de visites demeurent éthiques et qu’elles contribuent à atténuer la pauvreté ?

Les promoteurs de ce type de tourisme de la pauvreté font valoir que cette forme de tourisme :

  • Peut contribuer à un changement dans la représentation des bidonvilles et de sa population;
  • Peut devenir un moyen légitime de lutter contre la pauvreté;
  • Que les visites aident les touristes à mieux comprendre le monde et à ce que ces derniers deviennent plus compatissants.

Les opposants affirment (résidents et autres) :

  • Que ce genre de tourisme ne fait qu’exploiter les plus pauvres et n’ajoutent pas vraiment à la compréhension de ce que ces gens endurent;
  • Que la motivation première d’entreprendre ce genre d’expérience est principalement liée au voyeurisme de la pauvreté et que les droits fondamentaux des résidents locaux à la dignité et la vie privée sont souvent compromis.
  • Que les avantages réels atteignent juste un petit pourcentage de la communauté et qu’ils sont principalement dirigés vers ceux qui sont impliqués avec la vente des souvenirs ou des objets d’artisanat.

Il devient difficile pour les touristes de savoir quels circuits sont pris en charge par les communautés et d’en connaître les avantages réels.

L’association Tourism Concern croit que les meilleures personnes pour conseiller les touristes sont les résidents eux-mêmes.

Cette association a effectué quelques études dans l’une des plus grandes « favelas » de Rio de Janeiro, le Rocinha ayant une population officielle de plus de 69 000 habitants (mais le nombre réel est au moins 200 000).

On associe généralement et malheureusement les « favelas » à la circulation de la drogue et à la violence, mais aussi connues pour être des lieux de grande expression culturelle.

L’art devrait donc devenir un excellent produit à proposer aux touristes étrangers qui recherchent aussi une expérience authentique.

Aujourd’hui, au moins 7 agences de voyages opèrent maintenant des visites dans Rocinha (mais seulement 1 agence appartient à un résident de la « favela »).

Cependant les résidents croient encore que le tourisme a le potentiel d’avoir un effet positif sur un plus grand nombre de personnes :

  • Si les résidents locaux avaient le contrôle et pouvaient bénéficier du revenu des activités engendrées, cela pourrait apporter des avantages durables à certaines des communautés les plus pauvres;
  • Les agences de voyages devraient encourager financièrement des projets sociaux, des coopératives, des écoles, etc..
  • Ces dernières devraient employer des guides locaux qui habitent dans la « favela ».
  • Inciter à rencontrer les artisans dans leurs studios et les encourager;
  • En fait, la population de la « favela » ne veut pas recevoir « la charité », mais elle souhaite être en mesure d’en faire son gagne-pain (ou en partie) et de partager sa culture.

Depuis cette étude par Tourism concern, au moins 1 agence a mis en place un projet social financé par les revenus des visites touristiques.

Il y a de l’espoir !

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